3 - LES POÈMES QUE VOUS AVEZ PRÉFÉRÉS

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L'Odyssée Vocale


L'amour de la voix offre un subtil désir d'essor :
Aux intonations se relient autant d'espaces,
Miroirs de rôles joués que tous ses chants explorent.
Obligeance pour soi, l'onde vous comble de grâce.

Unique infinité, riche moyen du corps,
Rude, Câlin, l'humain souffle efface les impasses.
Du fond de l'âme émanent des fresques sonores
Epicées de saveurs dont la science nous dépasse.

Les finesses d'humeur, les messages intenses
Apparaissent, rigueur et liberté en cadence.
Vous souhaitiez exprimer votre ample caractère ?

Ou vouliez de la vie danser la folle ronde ?
Instillez votre soif d'horizons sur la terre !

Xixabangma sera votre balcon du monde.




(Poème extrait de Gloriflamme)







Les chevaliers de l’or blanc


Elle glisse majestueusement au son d’une symphonie.
Elle s’enfuit, s’envole et resurgit,
Danseuse sur fond blanc suspendant notre souffle.
Suspens insoutenable de chutes incessamment redoutées !
Elle se grise de la vitesse dont le vent caresse le visage.
Jamais beauté n’avait atteint de pareille apogée !
La fine cheville soutient le corps qui vrille
Et virevolte en céleste interprète des louanges
Evoquant les noblesses de la vie.
L’ange affranchi défie la pesanteur.
Elle s’enivre et sème dans la foule ses transports de délices,
Emplissant l’espace, conquérant les coeurs
Qui ne pourront bientôt contenir ni leur amour ni leurs pleurs.
Un partenaire s’y mêle, les poitrines s’aiment et se cambrent
Jusqu’à se tendre à l’extrême.
Bras et jambes ondulent et jouent des formes,
Des symétries intransigeantes charment les derniers incrédules.
Récompense méritée au prix d’efforts inouïs :
Ils règnent en maîtres dans la magie des glaces,
Ils ouvrent nos fenêtres vers un monde de grâce.


(Poème extrait d'Errances et victoires)








Les rivages perdus

Je regardais la mer immense
Les vagues seules brisant l'absolu silence
Une étrange oisiveté, comme une attente...
Et si quelque chose venait troubler cette quiétude?
Un message de détresse parviendrait jusqu'ici
Message de désespoir d'une âme en agonie…
Là-bas, au loin, sous de si beaux nuages
Puis-je imaginer que se désolent de tristes rivages?
Une main frêle, impatiente,
Livrerait une bouteille à la solitude,
Symbole d'un cri perdu dans la masse liquide,
Le cri de ceux d'entre-nous
Souffrant d'une existence morbide.
Pourquoi cette indigence intérieure,
Au milieu des plus somptueux décors,
Une maladie qui ronge sans relâche,
Pareille à la mort?
Loin de vous, je respire la béatitude,
Mais l'amour veut que je consente
A vous aider,
A vous élever !!!
Cher ami je vous invite à vivre
Cette libre grandeur dont je m'enivre.
Plus fort, plus loin !
Encore !
Jusqu'au sommet ultime d'où tout nous appartient !
Plus haut !
Que ton corps vibre de son intime
Jusqu'au bout des mains !
Que la passion t'enflamme
Et lève les barrières de ton âme !

Mortel sans limite !
Quel sens a ce jeu ?
Puis-je me soucier de toi,
Cynique et dangereux ?!
Attends-tu que la vie te quitte ?
Connais ce bonheur, mon frère,
D'habiter en ces sphères
Où ta conscience englobe le monde !
Et ris du malheureux destin
Auquel tu te condamnais si adroitement,
Vers lequel tu avançais, trébuchais, avec acharnement,
Inexorablement !
Frère que j'aime
Viens avec moi regarder
Ces falaises et t'émerveiller
De la beauté que le vent sème.

(Poème extrait d' Errances et victoires)




Maître Forgeron



Le poète maintes fois trempe ses vers.
Il retravaille le tranchant de ses mots.
Il martèle, considère à nouveau, mûrit son
inspiration,
Corrige et donne forme aux idées, au futur envisagé,
Leur imprime la plus belle allure que lui dicte son
coeur.
S’il se satisfait d’un premier martelage,
La médiocrité de son ouvrage,
A moins qu’il ne soit le plus grand des génies,
Fera de lui un guerrier démuni.
S’il affûte la lame de ses pensées,
Il fendra toute armure
A l’égal du plus redoutable des samouraïs.
L’ordre dans son esprit est une discipline
D’une humilité très prisée.





Céline, ou l'amour compromis
     


Moi qui suis poète aujourd'hui
Et dont tu ne liras peut-être jamais les mots,
Je fus le piètre amoureux qui ne se tut que trop.
Mes maladroites richesses aux lourdeurs échappées
N'ont pas joui de la liesse de te couvrir de baisers.
Penseur incertain aux idées abstruses,
Un cœur tel une épave dans une mer confuse,
Je rêvais du soleil de tes féminines beautés.
Brillant esprit aux regards nuit et jour adulés,
Taquine et douée de caractère,
Tu régnais dans mes idéaux,
Maîtrisant une désinvolture légère
Dénuée de mes acrimonieux fardeaux.
Eloignée par ma faiblesse à te retenir,
Tu t'es forgé la voie d'un fier avenir.
J'aimerais aujourd'hui te rendre les paroles
Qui en de mémorables instants m'ont empli d'une joie folle:
T'avouant touchée par le cadeau de mes fleurs,
Tu me voyais perdu, à mon grand malheur,
Dans un amphigouri bien risible!
Mais moi si jeune et toi déjà femme!
Par trop pesant et sérieux dans l’âme,
Je n'ai jamais cru le rêve possible.
Tant d'années se sont écoulées, j'ai depuis
Voyagé, maîtrisé, quelque peu guéri.
Je repense à toi par moments intenses
Et m'imagine ce qu'atteindra la force de mon éloquence
Si la providence te guidait jusqu'à moi.
J'aimerais t’offrir la chaleur de mon amour une fois
Comme on dit de nos jours et, dans une douce fièvre,
Caressant ton visage et goûtant tes lèvres,
Comme une victoire sur le passé,
Te dire toute la passion jamais libérée;
Puis te laisser repartir... heureux de pouvoir enfin t'oublier.




L ' OE U V R E   I D E A L E


Voudrais-tu, poète, un instant épancher
Tes désirs d'architecte et nous livrer
La forme sublime du nid recueillant tes mots ?
Confidence, ô combien périlleuse, peindrait ce tableau:

"Une reliure de cuir aux foisonnements baroques
S'opposerait à la nudité de la tranche
Comme le Char Minar d'Hyderabad  au dénuement des dunes.
De sa naissance à son crépuscule
Vous vous glisseriez en un dauphin traversant l'océan,
Ému par l'aube et le soleil couchant sur le pacifique.

Chaque page vous envolerait vers un nouveau paysage.
Capturé par l'âme vous évolueriez le long de ses vers
Dont les caractères, adoptant des formes selon les heures
Délicatement préciseraient leurs couleurs
Depuis le violet royal au bleu Méditerranée,
En faisant escale au cyan, aux nuances diaprées
Qui sont de la nature les merveilles.

L'identité de chaque poème se distinguerait
Par le grain de son feuillet, tel une peau:
Là filigrané, ici ondoyant à ravir vos doigt tremblant d'émoi.
L'encens, le tilleul, le cèdre et le pin,
Les effluves maritimes vous appelant au loin,
Se métamorphosant en écho des images écrites,
Parviendraient jusqu'à vos narines séduites.

Dénuée de matière, la saveur du sirop d'érable,
De l'eau de rose ou du pain chaud
Imprégnerait l'extrémité de vos mains.
Les espaces s'ouvriraient des étangs de Camargue
A la tour de Belém, puis à l'élégance orientale des mausolées.

A mesure de votre lecture, les mélodies de Callas, de Brel
Et d'autres envoûtant votre cœur
Souffleraient leurs inspirations, voluptueuses
Ou accablées de douleur.
Des musiques glorieuses, lyriques ou mystérieuses
Chantant la terre ou ses larmes,
Des spectacles en hologramme, exaltant le charme,
Emaneraient au toucher de chaque thème
Dans une symphonie suprême
Vous effaçant du monde
Pour vous porter aux nues
Où Baudelaire, comblé, vous saluerait.
Succéderaient alors des pages nues, le temps d'une pause,
Chhhhhuuuuuuttt !...
Pour écouter du silence intérieur la grande éloquence...

L'humanité du livre ferait hommage à Cousteau,
À Malraux, à la princesse Diana
Et sûrement à Dieu qui les prit sous son bras.
On le conserverait à son chevet, sur une platine de marbre vert
Pour y retrouver, la nuit s'avançant, son osmose avec l'univers."



OÙ EST DIEU ?
(Egalement publié sur C4news)

« Cette religion se compare-t-elle à une autre ? »
Subit en réponse : « Parjure! Blasphème ! »
Je dirais : « Si tu viens, un livre sacré à la main,
Tu devras étudier le mien, et je ferai de même ! »
Seul garante de l’entente est la connaissance ;
La guerre est le prix de mystères.
Dieu pour tuer en croisade,
Dieu pour dicter les destins,
Dieu est le parfait manteau pour ses propres sordides desseins !
Dieu est partout, comme avocat de sa pensée surtout !
Que de vies hérétiques sacrifiées à l’autel de vues étroites
Semant la mort pour cultiver la foi !
Anges déchus au fond d’un puits,
Ne sommes nous pas ici bas pour apprendre
A regagner en cordée les sommets de la décence,
Ne pouvant y parvenir seuls ?
Dans cet effort, certains parlent, d’autres n’entendent pas
Car dans leurs têtes ils n’ont pas de frère.
Seule promiscuité, celle de l’oppresseur,
Qu’il porte une croix gammée ou contrôle la télé
Dictateur des pensées, dissimulant l’échafaud assuré ;
Face à lui, jamais l’échine résignée jusqu’à la honte !
Plutôt mourir, épaule contre épaule,
Debout dans une tentative de liberté !
Vecteur au sein de tous les vecteurs
Brodant l’immense toile de l’humanité,
Le mortel doué de raison doit tout embrasser de son regard
S’il ne veut blesser à gauche quand il agit à droite.
« L’être suprême existe » signifie-t-il que l’homme
Peut ne pas assumer ses faiblesses ?
Calomnier l’Eternel parce que tant de malheurs nous assaillent ?
Germes de vie dont nous avons passé le flambeau
Depuis la nuit de temps immémoriaux,
Ne devons nous pas atteindre un jour,
Sur la lignée de nos enfants, l’intelligente perfection,
En épanouissant ce qui est en nous divin ?
Que l’on professe ou non une foi, nos cauchemars
Menant à la déraison, sont de croire
Que l’on ne doit pas dire, que l’on ne peut changer,
Sous peine de brûler sur le bûcher,
Ce que l’on voit dans son miroir.

A Ridley Scott
Aux croyants et athées



EQUILIBRE
(Egalement publié à http://www.come4news.com/)

J’ai eu un rêve :
Les déserts menaçants de famine pénétrés par la verte vie,
Gardant leurs beautés féminines en lieux sûrs.
J’ai eu un rêve :
Des empires s’étendant par la grandeur d’âme.
Ils échangeaient le savoir sans barrière de couleur
Oh, j’ai parcouru un rêve !
Un fleuve si clair de sa source à la mer !
Des esprits si nets qu’ils coloraient d’un sens l’existence !
Oui, j’ai traversé un rêve !
Chacun finissant sa phrase avant d’écouter,
De libres hommes de raison enseignant dans les rues et les écoles.
Oui, j’ai traversé un rêve !
Du nord au sud, des guérisseurs empressés d’effacer la maladie des coeurs et des corps,
La vie glorieuse éblouissant chaque oeuvre, chaque détail le plus discret !
Je crois encore au rêve
Du respect de la Terre comme de son enfant,
De la vie défendue contre de coupables privilèges.
Je crois encore au rêve
De l’homme courageux et sensé qui par amour,
Dissipant la mort et les errances, impose l’équilibre.



Terra mortalis
(Publié sur Ouvertures.net )


Epître d’une vénusienne
J’ai vu l’homme fuir sa planète
Se retournant il assiste
A son explosion, triste défaite !
De justesse il en réchappa !
Revenons un peu en arrière :
Pourquoi créer un cimetière
Quand son savoir et ses ressources
N’imposent aucune folle course ?
Depuis cent vingt ans je l’observe.
A la surface de sa Terre,
Plus que des boîtes de conserve !
Dans l’air, que de gaz délétères !
Son monde constitue l’école
Où la leçon d’économie
Est évidence, pas une colle !
Pour y vivre, rien n’est omis.
Il est cependant recalé
Sévèrement à l’examen
Car ses forêts il a brûlées,
Compromettant son lendemain !
Le voici maintenant sur Mars,
Découvrant des preuves éparses
D’un même conflit nucléaire
Remontant à vingt millénaires.
Sa mémoire n’indique pas
Qu’en ce lieu il laissa des pas
Pourtant il y livra bataille
Et y sema bien des pagaïes !
Oh toi, mon vénusien mari !
Par pitié je veux voir inscrit
Le virus terra mortalis
Annoté : « Maladie du vice. » !
Gardons nous d’être éclaboussés !
Nous savons pour l’éternité :
« S’il a le pouvoir de soumettre,
Les soins sont un devoir du maître ! »