Mardi 7 avril 2009
Cliquer ici pour accompagner votre lecture d'une musique de Kitaro: Silk road fantasy



L'Odyssée Vocale


L'amour de la voix offre un subtil désir d'essor :
Aux intonations se relient autant d'espaces,
Miroirs de rôles joués que tous ses chants explorent.
Obligeance pour soi, l'onde vous comble de grâce.

Unique infinité, riche moyen du corps,
Rude, Câlin, l'humain souffle efface les impasses.
Du fond de l'âme émanent des fresques sonores
Epicées de saveurs dont la science nous dépasse.

Les finesses d'humeur, les messages intenses
Apparaissent, rigueur et liberté en cadence.
Vous souhaitiez exprimer votre ample caractère ?

Ou vouliez de la vie danser la folle ronde ?
Instillez votre soif d'horizons sur la terre !

Xixabangma sera votre balcon du monde.




(Poème extrait de Gloriflamme)







Les chevaliers de l’or blanc


Elle glisse majestueusement au son d’une symphonie.
Elle s’enfuit, s’envole et resurgit,
Danseuse sur fond blanc suspendant notre souffle.
Suspens insoutenable de chutes incessamment redoutées !
Elle se grise de la vitesse dont le vent caresse le visage.
Jamais beauté n’avait atteint de pareille apogée !
La fine cheville soutient le corps qui vrille
Et virevolte en céleste interprète des louanges
Evoquant les noblesses de la vie.
L’ange affranchi défie la pesanteur.
Elle s’enivre et sème dans la foule ses transports de délices,
Emplissant l’espace, conquérant les coeurs
Qui ne pourront bientôt contenir ni leur amour ni leurs pleurs.
Un partenaire s’y mêle, les poitrines s’aiment et se cambrent
Jusqu’à se tendre à l’extrême.
Bras et jambes ondulent et jouent des formes,
Des symétries intransigeantes charment les derniers incrédules.
Récompense méritée au prix d’efforts inouïs :
Ils règnent en maîtres dans la magie des glaces,
Ils ouvrent nos fenêtres vers un monde de grâce.




(Poème extrait d'Errances et victoires)









La Terre est mon corps

Si je détruis les forêts, je me déchire les poumons;
Si je pollue mers et rivières, je souille mon propre sang.
Quoi qu’il se passe sur Terre, je le ressens comme si j’étais devant.
La distance est un leurre tentant d’insinuer que je ne suis impliqué
Par ce que je n’ai observé.
Fermons les yeux, écoutons !
Ou dominons ce monde d’un sommet et regardons !
Les peuples crient, les consciences tendent la main.
Pour rire tandis qu’un homme pleure ses enfants,
Je dois un moment durant éteindre dans mon coeur l’accablante radio.
Des souffrances non guéries sont contagieuses ;
L’humanité, embarquée dans la même aventure, dans le même bateau,
Se doit de répandre de sa cale à son drapeau des ondes de bonheur.
Le monde est un corps malade
Couvert de plaies tardant à guérir ;
De se rouvrir constamment elles menacent
A cause de ses intérêts en conflit.
La Terre est mon corps,
Ses vents ma liberté d’esprit,
Ses beautés mon orgueil,
Son bien-être mon droit !


(Poème extrait de Gloriflamme)
A JULOS BEAUCARNE


« Nul homme n’est une île, complet par lui-même,
chaque homme est un morceau du continent, une partie de la terre ferme ;
si une motte de terre devait être emportée par la mer, l’Europe en serait amoindrie,
de même si un promontoire l’était, de même si le domaine de tes amis ou le tien propre l’était ;
chaque mort humaine me diminue, car je fais partie de l’humanité ;
et par conséquent, n’envoie jamais quelqu’un
découvrir pour qui sonne le glas, il sonne pour toi. »

Dévotion pour des occasions qui surviennent,
John Donne (1572-1631)











Les rivages perdus

Je regardais la mer immense
Les vagues seules brisant l'absolu silence
Une étrange oisiveté, comme une attente...
Et si quelque chose venait troubler cette quiétude?
Un message de détresse parviendrait jusqu'ici
Message de désespoir d'une âme en agonie…
Là-bas, au loin, sous de si beaux nuages
Puis-je imaginer que se désolent de tristes rivages?
Une main frêle, impatiente,
Livrerait une bouteille à la solitude,
Symbole d'un cri perdu dans la masse liquide,
Le cri de ceux d'entre-nous
Souffrant d'une existence morbide.
Pourquoi cette indigence intérieure,
Au milieu des plus somptueux décors,
Une maladie qui ronge sans relâche,
Pareille à la mort?
Loin de vous, je respire la béatitude,
Mais l'amour veut que je consente
A vous aider,
A vous élever !!!
Cher ami je vous invite à vivre
Cette libre grandeur dont je m'enivre.
Plus fort, plus loin !
Encore !
Jusqu'au sommet ultime d'où tout nous appartient !
Plus haut !
Que ton corps vibre de son intime
Jusqu'au bout des mains !
Que la passion t'enflamme
Et lève les barrières de ton âme !

Mortel sans limite !
Quel sens a ce jeu ?
Puis-je me soucier de toi,
Cynique et dangereux ?!
Attends-tu que la vie te quitte ?
Connais ce bonheur, mon frère,
D'habiter en ces sphères
Où ta conscience englobe le monde !
Et ris du malheureux destin
Auquel tu te condamnais si adroitement,
Vers lequel tu avançais, trébuchais, avec acharnement,
Inexorablement !
Frère que j'aime
Viens avec moi regarder
Ces falaises et t'émerveiller
De la beauté que le vent sème.

(Poème extrait d' Errances et victoires)



Maître Forgeron


Le poète maintes fois trempe ses vers.
Il retravaille le tranchant de ses mots.
Il martèle, considère à nouveau, mûrit son
inspiration,
Corrige et donne forme aux idées, au futur envisagé,
Leur imprime la plus belle allure que lui dicte son
coeur.
S’il se satisfait d’un premier martelage,
La médiocrité de son ouvrage,
A moins qu’il ne soit le plus grand des génies,
Fera de lui un guerrier démuni.
S’il affûte la lame de ses pensées,
Il fendra toute armure
A l’égal du plus redoutable des samouraïs.
L’ordre dans son esprit est une discipline
D’une humilité très prisée.


Par RICHARD RENAUDIN - Communauté : Poésophie
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